Nous avons rencontré Alseny Touré à la gendarmerie N°17 de Dabompa, au lendemain de son arrestation. Membre de l’ONG Jeunes Pour le Progrès (JPP), il revient sur son arrestation et les violences subies suite au procès politique d’Aliou Bah, président du parti MODEL. « Ce procès, c’était une mascarade pour faire taire toute opposition », raconte-t-il avec gravité.
Le 07Janvier 2025, lors du verdict au Tribunal de Première Instance de Kaloum, Alseny était présent pour soutenir Aliou Bah, président du MODEL, accusé d’offense envers le président de la transition, le général Mamadi Doumbouya. « Dès le début, on sentait que la justice n’était pas impartiale. À chaque audience, la foule scandait des slogans contre la junte et la transition. Hier lors du verdict, cela a rapidement dégénéré, et plusieurs personnes ont été arrêtées dans la cour du tribunal. Moi, j’ai pu fuir, mais le lendemain, la gendarmerie est venue me chercher chez moi », explique-t-il.
À la gendarmerie, il fait face à un interrogatoire musclé : « Ils voulaient savoir si j’avais des liens avec Aliou Bah, ce qu’on préparait, pourquoi on contestait le verdict. J’ai demandé un avocat, mais ils ont refusé. Quand j’ai refusé de signer un document sans en connaître le contenu, ils m’ont frappé à coups de matraque, insulté et menacé de mort. » ajoute t-il.
Ce témoignage révèle une réalité inquiétante dans une Guinée où la transition militaire s’est durcie, réduisant au silence les voix critiques et muselant la société civile. Alseny Touré incarne la résistance courageuse d’une jeunesse déterminée à défendre la démocratie et la liberté.
Abdoulaye Soumah